01.12.2007
Adieu l'artiste
Toute la ville de Lille les attendait samedi pour le concert.
Fred Chichin était la moitié du groupe Les Rita Mitsouko , fondé avec sa bien aimée, Catherine Ringer. Il a succombé à un cancer fulgurant, à l'âge de 53 ans.
Un duo un peu étrange, un dandy décalé avec une barbe de 3 jours et une diva pin- up , folâtre, douée d'une voix puissante et un peu théâtrale. Ils étaient un accent dans le paysage classique français, alliant courageusement les influences rock, funk, punk, ska, sud-américaines avec le sens de l'humour.
Ironiquement, leur premier succès, Marcia Baila, est un hommage latino- rock à la danseuse Marcia Moretto , éteinte elle aussi à cause d'un cancer.
Il nous laisse en héritage le mystère ( mitsouko en japonais ) de Rita , leurs hits incontournables que vous pouvez regarder sur you tube : Y a d'la haine, Andy, Les histoires d'A, C'est comme ça, Même si, Communiquer d'amour.
"Et même à toi
Qui est forte comme une fusée
C'est la mort
Qui t'a emmenée"
Les Rita Mitsouko- LES AMANTS
22:05 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vidéo, concert, musique, Les Rita Mitsouko, artiste
14.10.2007
Sur les éléphants
Bon, j'écoute encore un peu de Damien Rice et je m'en vais, d'ailleurs je n'ai pas besoin d'aller trop loin, je devrais tuer quelque chose ce soir , mais parce que j'ai perdu ma voix en chantant sur les Eléphants j'aurai besoin d'un couteau ou d'un truc comme ça. Je me crois sur Mulholland Drive sauf que Rita n'est pas vraiment mon genre. Je suis coiffée de mon diadème bleu et je chausse les ballerins de satin. Je défile en robe d'été et manteau de fourrure à côté de la piste cycliste. Parce que je n'ai pas trouvé une arme blanche, j'ai emporté une sucette arc-en-ciel et trois morceaux de guimauve, l'effet est mortel. N'était ce silence, je pourrais t'entendre, te répondre lorsque tu me demandes quelle est la couleur du bonheur lorsque l'on n'a pas dormi depuis trois nuits.
Fais ce que tu sais si bien faire et viens qu'on se réchauffe cette nuit. Que l'on se rencontre quelque part à mi-chemin entre Mars et Vénus , qu'on allume un feu sur la Terre et qu'on mange du sushi dans une salle de concerts abandonnée. Qu'on se fasse des provisions de Prozac et que l'on vive heureux jusqu'à la fin au bord de l'autoroute.
Le rêve prendra fin lorsque tu surgiras dans la chambre et que tu me demanderas sur quoi j'écris.
Sur rien.
Comme d'habitude.
DAMIEN RICE- ELEPHANT
This has got to die
This has got to stop
This has got to lie down
Someone else on top
This has got to stop
This has got to lie down
Someone else on top
You can keep me pinned
'Cause it's easier to tease
But you can't paint an elephant
Quite as good as she
She may cry like a baby
Drive me crazy 'cause I like you
So why'd you have to lie?
I take it I'm your crutch
The pillow in your pillow case
It's easier to touch
When you think you're safe
You fall upon your knees
But you're living in your picture
Breathe, and she may rise if I sing you down
And she may drive me into the ground
'Cause I'm lately, horny..
'Cause I like you, will she take me
07:51 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, blog, éléphants, Damien Rice, vidéo
10.10.2007
Promises Like Pie -Crust
- by Christina Georgina Rossetti
Promise me no promises,
So will I not promise you:
Keep we both our liberties,
Never false and never true:
Let us hold the die uncast,
Free to come as free to go:
For I cannot know your past,
And of mine what can you know?
You, so warm, may once have been
Warmer towards another one:
I, so cold, may once have seen
Sunlight, once have felt the sun:
Who shall show us if it was
Thus indeed in time of old?
Fades the image from the glass,
And the fortune is not told.
If you promised, you might grieve
For lost liberty again:
If I promised, I believe
I should fret to break the chain.
(Let us be the friends we were, Nothing more but nothing less: Many thrive on frugal fare Who would perish of excess. )
Carla Bruni- No promises
13:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Carla Bruni, poésie, vidéo, friendship, amitié
06.10.2007
Bucarest, je t'aime
pouvoir crier "I'm a little ballerina" sur le pavé bucarestois c'est encore mieux que:
-rouler hystériquement sur l'autoroute à 6 h du matin
-allumer sa peau par le feu d'issey
-épicer son matin avec un Gold Coast, by starbucks
-descendre de temps en temps de l'échafaud de la misanthropie
-faire monter ses amis sur le même échafaud
-jeter la parapluie quand il pleut
-faire du fooding à la fnac
-pleurer
-dire qu'on vient de kazakhstan
-se rappeller que less is more
-boire more pour sentir less
-arrêter la circulation pour prendre des photos au milieu du carrefour
-intoxiquer ses oreilles avec portishead
-échouer dans un pub dans sa robe fétiche donna karan
-chanter love of my life aux pilons d'électricité sur le boulevard paris
-se coucher 3 heures avant de se réveiller
-gaspiller son argent sur des miscellanées dont on n'a pas besoin
-vernir ses ongles en rouge
-voir tous les lynch-es en un seul jour
-aller à la laverie avec son ipod et un bouquin léger
-s'habiller cheap et danser jusqu'à l'aube
-visiter son pays comme touriste
-être à la recherche du malheur
-ne pas le trouver
19:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bla bla, blog, élucubrations, évasion, Bucarest
04.10.2007
mince...
- Après moi, la pluie, après toi le déluge, après nous, juste des nuits déchaînées de sex and the city, de sex in the city, et d'autres illusions ou visions éphémères.
- Il y a le condescendent. Il connaît le jour de mon arrivée, il sait quand j'ai bu mon dernier vanilla glacée sur nothing hill, il compte mes équimoses, il m'envoie des messages de 3 lettres et il a travaillé dur pour qu'on puisse utiliser le tragi-comique "comme d'habitude".
Il y a celui qui fait semblant de m'oublier. Il m'appelle de moins en moins, on se donne des rendez-vous culturels au Palais de Beaux-Arts, il finit ses textos par "bises". Mais tard, le soir, je le vois passer avec sa voiture dans ma petite rue et si jamais je le croise il me dit qu'il venait de faire son skating juste à côté de chez moi.
Il y a le drogué, qui s'empoisone chaque semaine avec des boisssons cheap, et il avoue ses sentiments à des heures impossibles, le verre à la main, abandonné sur un canapé étranger. J'ai failli oublier l'étudiant, le sarkoziste genuine, qui n'a que des amis français, et qui porte une ridicule lutte entre ses convictions et ma nationalité avant même qu'il ne demande mon numéro.
Il y a encore le jeune, 2 ans plus jeune que moi, alors là c'est moi qui mène le combat psychologique avant même de donner mon numéro.
Ah oui, le saxophoniste, va jouer et laisse-moi tranquille, l'opportuniste, il m'invite à reviser à la bibliothèque universitaire et il en profite pour passer ses épreuves de timidité, le petit ami de ma copine, t'as aucune excuse, salaud, on es tous bourrés de toute façon, le manager, je lui demande la clé et il me file son rib, et qui d'autre?
Enfin, il y a celui qui…
mince,
celui-là il n'est plus.
10:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : elucubrations, amour
14.02.2007
La bague
-Fiancée?
-Non...
-Alors, célibataire.
-Oui, je pense.
-Mais, la bague ? En France, ca signifie quelque chose.
-Oui, en Roumanie aussi.
-Donc, mariée ?
-Non...
-? !
-C'est de mon copain.
-Mais je croyais que tu étais seule.
-Oui, je le suis.
-Franchement, je ne comprends plus rien.
-C'est de mon ex, en fait.
-Je suis bloqué.
-Oui, la bague aussi.
19:42 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Lille, voyage, bague, fac
Cette ville...
Cette ville...
C'est ma rue que je parcours, c'est ma porte que je ferme avec ma clef, c'est ma ville, cette ville intoxiquante. Folle, elle est mienne, elle n'appartient qu'à moi, une ville rien que pour moi. Je l'adore et elle m'adore, me déchire, me rend malade, je la déteste et on se querelle affreusement, mais on se réconcilie comme la mer et le rivage dans les accords d'une chanson assez moche qui se demande "sur quel néant glissera ma vie".
Elle devrait réaliser sa chance de m'avoir, prendre soin de moi, me poursuivre comme un tueur en série, me maudire comme un amant jaloux et écraser mes pas sur les trottoirs qui sentent l'Afrique.
Elle me laisse m'égarer dans les rues de Haensel et Grettel, histoire de me punir pour mon ignorance, son orgueuil ne lui permet pas de me demander quoi que ce soit.
Je lui offre des heures, des jours, des pas et de l'âme, pourtant elle m'abandonne sur le Boulevard de la Liberté ; elle se moque de moi quand je vais des Beaux-Arts à Flandres pour arriver sur la rue Nationale.
Pourquoi aurais-je confiance en toi, ville bête que tu es ? Tu m'enivres avec ton odeur de canelle, avec tes éléphants indiens, tu me dragues avec tes mignons cafés, pourquoi m'abandonnerais-je à ces ruelles qui racontent trop d'histoires ; offre-moi tes pierres et je t'offrirai mon coeur.
Laisse-moi être une diva, donne-moi un réverbère sous lequel je puisse danser pour toi ; donne-moi un podium et je chanterai pour la main qui caresse mon sommeil ; jette-moi en toi que je sois ton ombre ; fais moi des câlins avec ta pluie quand la passion aurait trop échauffé mes pieds de ballerine.
Laisse-moi sans sentiments, sans sensations ; vole mes pensées, mes larmes, et même mes éclats de rire. Vide-moi !
Et des fois, quand je me balade, tout simplement, le sac à dos, l'oreillete à sa place, la tête dans les nuages, fais- moi sourire, tout simplement.
19:40 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Lille, France, voyage
Métro
-Tu dois être la fille canon, étudiante en lettres, qui abandonne cruellement les mecs après les avoir dévorés...
-Tout d'abord, je ne crois pas aux stéréotypes, quant aux études, l'électronique m'arrange beaucoup mieux que le fondement latin du français.
Finalement, je viens d'être quittée par un gars qui m'a dévorée sang-froid pendant des années.
En guise de conclusion, lui dit-elle en regardant le Précis de Psychologie traînant dans ses bras, tu devrais vraiment changer de métier...
19:39 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Lille, Roumanie, fac, reveillon
Reveillon lillois
Une poupée à ma place
j'espère qu'elle porte bien ses sous-vêtements rouges
une pute dans ses bras
heureusement qu'elle s'est rasée la veille
un pink martini dans mon verre cosmopolitan
buddha bar j'arrive !
un métrosexuel qui me drague
ça fait classe son cabas balenciaga
on me parle en signes et je fais semblant de ne plus rien comprendre
quoique je ne comprenne plus rien
je lui dis "Ana are mere" en roumain
et il me répond que mon accent est très sexe
j'ai des taches de vin rouge sur mon débardeur
pourquoi j'ai des pantoufles au lieu de mes talons de diva déchirés ?
mes cheveux bouclent sous la pluie
pourquoi je suis dehors et qui est ce mec qui soupire à mes oreilles des phrases incohérentes en espagnol ?
love is in the air
c'est pas nécessaire de mettre tes doigts sur mon dos quand on danse
mon pays s'éclate pendant 30 secondes
comment elle fait la poupée pour avoir encore les cheveux lisses ?
je m'offre à toi, France
reçois-moi bien
donne moi une bonne nouvelle année
installe mon réverbère juste au milieu du monde !
19:38 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Lille, voyage, Roumanie, fac
29.01.2007
Destination Lille... deuxième semaine
L'arrivée... 6 septembre 2006.
Le trajet a été affreux.
Je me suis retrouvée à l’aéroport de Maastricht seule, avec deux valises énormes et un sac à dos. J’ai pris le bus jusqu’à Bruxelles. Le chauffeur était, évidemment, Roumain. Il m’a déposée à la Gare du Nord où j’ai appris que je devais prendre le train pour Lille à la Gare Bruxelles Midi. J’ai du prendre le métro dans le sens inverse ! Je suis revenue et me voilà enfin dans un bâtiment énorme et bilingue. J’ai cherché le bureau de renseignements, j’ai attendu mon tour, on m’a montré une dizaine de trains qui partaient ce jour-là pour Lille.
J’achète mon billet, je m’efforce de ne pas pleurer. Personne ne m’aide avec les bagages ; les Belges, de même que les Anglais , sont assez froids, très réservés. Je trouve ma place, j’espère ne pas m’endormir, mais j’ai à peine le temps de m’installer qu’on annonce le prochain arrêt : Reisen (Lille en flamand).
Sur le quai je suis étonnée par la politesse des Français : ils insistent à m’aider. Je regarde un peu désemparée autour de moi et tout à coup j’entends une voix : "Ioana ?"
Bizarre sensation que d’entendre son nom, même prononcé avec un drôle d’accent , dans un endroit où l’on n’a jamais mis le pied.
Je suis à Lille, ma copine est encore à la fac et son ami m’invite à prendre un café, près de la gare. Il me demande la permission de corriger mes fautes, mais au bout d’un quart d’heure il me dit que mon français est très bon.
Les cafés en France ne sont pas "élaborés". Les serveurs sont déconcertés par mes questions : "ils ont quel goût, quel arôme, si on ajoute de la crème fouettée, ou du sucre brun ?". Ils sont freudiens en ce domaine, le café est "court et fort".
Je sonne à la porte, j’embrasse traditionnellement trois paires de joues , je tends la main et je reçois la clé.
La chambre est bizarre, "décroissante". Au-dessus du lit, le plafond, oblique -donc je devrai faire gaffe à ne pas me relever brusquement- la table de chevet avec la lampe traditionnelle, une commode, un placard, le coin cuisine... ah, la fenêtre qui me laisse apercevoir les nuages. Tout est maladivement blanc.
J'emménage vite, je m’allonge sur le lit et j’attends les larmes. Elles ne viennent pas. Trop grande la fatigue, trop petit le coeur . J’ai peur de m’endormir. J’ai peur de ma première nuit ici. Pourtant, je m’endors très vite. Bonne nuit, mes chers, où que vous soyez.
Ioana
Buddha Bar : Faithless...
-Gare-
Le lendemain. 6 h du matin.
Je saute du lit, me douche, je range un peu, j’ouvre la fenêtre et j’attends. Comme promis, à 11 h pile mes amies sont là. On m’appelle de nouveau avec ce drôle d’accent, je descends en vitesse, on s’embrasse et enfin... les larmes.
Mon amie est impressionnée, stupéfaite même en voyant la chambre ; elle la trouve très chic, propre surtout pour un tel loyer !
Elle m’aide à trouver "de petits trucs", m’apprend à ouvrir les volets avec la télécommande, tout ça pendant qu’elle déballe les présents qu’elle m’avait apportés : bouffe, vaisselle, lessive...
Je suis surprise et émue par sa générosité.
On va ensuite "s’inscrire". Le campus est énorme, européen, tout vert, raison pour laquelle je ne regrette pas d’être venue. On s’y perd et j’adore ça !
Bâtiment A3, l’équivalence, je montre mon dossier et je reçois le qualificatif "impécable" ( oui, maman, je sais , je dois écouter tes précieux conseils !). Bât suivant A5 : une queue interminable.
On entre à 13 h on en ressort à 16h. Mes amis me suivent partout. J’avais vraiment besoin d’elles pour ne pas me sentir totalement abandonnée.
A l’inscription pour la "mutuelle", une jeune fille d’origine arabe me demande si je ne suis pas roumaine et me montre la photo de son amie qui "me ressemble". C'est la Tour de Babel ici...
Samedi c’est une longue journée.
Je rencontre J devant ma porte. N’ayant pas pu me joindre par téléphone, elle s’est hasardée de venir chez moi.
On va dans le centre commercial, Euralille, Carrefour, je suis un peu déçue, je trouve que chez moi les vêtements sont plus beaux, donc je n’achète rien. Un grand progrès !
Je rentre , je vois B à la fenêtre, elle est impatiente, "viens, me dit-elle, on va à la fête".
Je m’ habille en hâte et me voilà dans la voiture de C à côté d’une camérounaise superbe.
Ma première "party". L’initiation. Que de joues à embrasser ! Chaque nouveau venu doit faire le tour d’honneur.
Rien de spécial durant la fête. On danse timidement, on picole beaucoup. Enfin, par rapport aux parties de chez moi !
On rentre tard, je suis fatiguée, je m’endors avec Chris Rea.
Demain c’est la rentrée.
Ioana.
Une semaine plus tard...
Voilà une semaine que je suis arrivée et j'ai l'impression d'y être depuis 1 mois. Je vais vous parler de mon premier succés.
Après 2 semaines d'équivalence, beaucoup de déplacements d'un bureau à l'autre, et une tonne de documents, je suis officiellement étudiante en 2è année, 3è semestre licence SPI. Reste à prouver que je suis à même de faire face, mais ça je l'ignore. Demain on aura les premiers cours, ainsi je pourrai comparer avec le système de chez nous. Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : ils enseignent et moi je dois étudier !
Je recontre déjà des visages familiers dans le campus, des personnes qui ne détournent pas la tête en me voyant ; au contraire, elles viennent vers moi, me posent des questions, me demandent si j'ai besoin d'aide. Je vais devoir réserver un peu plus de temps pour les trajets, les Français n'ont pas l'air de se presser. Ils me semblent calmes, doux, toujours un livre à la main, l'oreillette à se place et le sourire accroché au visage. Les cheveux dans le vent, un style léger, mais beaucoup de bon goût.
Chapitre nourriture (bouffe comme ils disent) : je n'en ai pas encore parlé car je voulais amasser des "preuves". Décidément, la France ne m'encourage pas à maigrir.
Il n'y a rien dont j'ai envie que je ne puisse trouver. La nourriture "estudiantine" est très prisée. Il y a des boites de conserves avec tout ce que l'on veut : lasagnes, ravioli, salades de toutes sortes, des combinaisons inimaginables. Tout ce que l'on a à faire est de jeter l'emballage et de réchauffer (ou pas) le contenu. J'ai essayé de calculer si ça revenait moins cher en les préparant mais j'ai constaté, avec étonnement, le contraire.
On ne trouve pas une grande variété de fruits ; en revanche, ils sont très riches en madeleines, croissants, tartes... et des confitures de toutes sortes, noix de coco, rhubarbe, vanille...
Hier, j'ai mangé chez E. Une table de 2 mètres de long, un repas de 5 heures...
Comme apéro, du cidre, de la bière et du champagne. Ensuite, des petits toasts beurrés délicatement et décorés avec du caviar, thon fromage et surimi.
Des entrées froides, une combinaison bizarre de melon, cherries et jambon. Comme plat principal, elle nous a offert des pommes de terre "allemandes" accompagnées de sauce de champignons frais, salade de haricots verts, blanc de poulet... Quand je croyais avoir fini, elle a apporté une salade énorme et les fromages. Mon pauvre estomac, sur le point d'exploser a dû recevoir ensuite le café au lait et l’éclair le plus brillant que j’aie jamais vu.
E m’avait expliqué que c’est un moment très important dans leurs réunions de famille.
Je suis assise entre deux des trois enfants de la famille. Je suis le centre de l’attention, et je leur parle de mon pays. Non, on ne recycle pas les restes ménagers. Non, on n’a pas de centrifugeuse (?). J’ai l’impression de voir leur yeux briller de la fierté d’être Français.
Moi, par contre, suis un exemple de "modèle européen". J’ai du bon sens, je parle deux langues étrangères, j’ai de bonnes notes et le courage d’aborder un domaine encore vierge pour les filles. Ils me regardent d’un air admiratif, mais je crains encore une certaine xénophobie.
Je suis une Roumaine égarée à Lille. J’entends ma langue maternelle parlée dans les couloirs de la fac, mais je ne réagis pas.
Je suis si loin de tout, même de la France. Je suis dans mon monde à moi. Rien n’est trop bon pour moi, aucun endroit ne me satisfait, je suis au-dessus de tout. Je sais que je ne vais pas aller loin avec cette attitude. Pourtant, je suis ici et pas là-bas, là-bas et non pas ici.
En général, je vais bien, mais vous me manquez. Portez-vous bien et vivez avec passion.
Ioana
-Paysage-
19:25 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Lille, université, journal intime, une Roumaine en France



